the path of dust

“was this path only dust

in the shape of meaning

and did it march us

as if we were a passing journey

between two myths,

so the path is inevitable,

and we are inevitable,

as a stranger sees himself in the mirror

of another stranger?”  (from a poem by Mahmoud Darwish)



behind the red paper curtain

how can I read this silence, its meaning, temperature and flow,

how can I adjust my wings to the narrow passage through another night?

cries echo in hollow hearts, 

dissipative systems flood the world with a false sense of harmony,

filigree words swarm around the black beehive.

it is never too late for love, he whispers in my ear

in an almost extinct language he tries so hard to keep alive.

but how can I trust him? he comes from a world

where money melts in the mouth like a honeycomb

and desire is plump with gold;

he is not even aware that our existence here, on earth

is the somber negative of another life -

all luminous energy and gravity-defying dance.

look, it is waiting for us right there,

behind the red paper curtain.




énigmatiques objets de tous les jours

Les objets de tous les jour qu’on ne regarde pas deux fois: ils sont là pour leur beauté éphémère ou pour leur utilité.

 On n’observe presque jamais comment la lumière les embrasse, comment ils naissent des ombres sur les surfaces où ils sont posés. Dans la vie quotidienne il semble qu’ils n’ont pas de mystère car le mystère, ce qui est au-delà des apparences, naît par l’observation, par la projection des éléments de l’imagination, par l’interrogation du réel à la frontière avec ce qu’on ne voit pas mais dont on ressent l’existence et le frémissement. 

C’est le moment où l’objet regardé commence lui aussi à nous observer, à imposer sa présence dans notre monde.

 Mes natures mortes sont photographiées toujours en lumière naturelle - telle qu’elle pénètre dans la chambre par la fenêtre; c’est pour ça que les zones d’ombre sont épaisses, que la lumière qui sort les objets de l’obscurité est délicate, presque fragile, laissant leur luminosité intérieure apparaître. Le clair-obscur est important pour l’expression de l’idée poétique de l’image - car il y a toujours une symbolique, un message figuratif. Parfois c’est la lumière éblouissante d’un jour ensoleillé qui chasse complètement l’obscurité et les ombres - peut être un défi encore plus grand pour une prise de vue. La composition est élaborée dans sa simplicité visuelle, aussi les réglages de l’appareil photo dans la prise de vue sont délicats et complexes. Le traitement après la prise de vue inclut parfois des couches qui donnent des effets discrets de toile de peinture et adoucissent les couleurs. La naissance d’une nature morte est laborieuse en tant que démarche poétique et technique. J’aimerais croire que je réussis à faire de ces natures mortes des messages sans mots, des questions qui poussent à la réflexion sur la beauté fragile de notre existence humaine.


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